Des joints qui s’effritent sur une terrasse, ce n’est pas qu’une question d’esthétique. C’est par là que l’eau s’infiltre sous les carreaux, gèle l’hiver et finit par les décoller un à un. Refaire les joints à temps, c’est un chantier de week-end accessible, qui évite une dépose complète bien plus lourde quelques années plus tard.
Pourquoi un joint extérieur ne dure pas éternellement
Un joint de carrelage extérieur subit ce qu’aucun joint intérieur n’endure : les écarts de température, les cycles gel-dégel, les UV et le ruissellement. Le mortier se microfissure, l’eau s’y loge, gèle, fait éclater la matière, et le cycle s’accélère. Un joint qui commence à se creuser ou à s’effriter ne se « stabilise » jamais tout seul : il faut intervenir avant que l’eau n’atteigne la chape.
De quoi avez-vous besoin ?
Le matériel reste simple et peu coûteux pour une terrasse classique :
- Mortier de jointoiement spécial extérieur (hydrofuge, classé pour le gel) : 15 à 30 € le sac, de quoi traiter plusieurs m².
- Grattoir à joint ou multi-outil oscillant pour retirer l’ancien : la location d’un multi-outil tourne autour de 20 €/jour.
- Raclette caoutchouc, taloche, éponge et seau : une vingtaine d’euros.
- Gants, lunettes, genouillères : on travaille à genoux, autant être équipé.
Comptez une demi-journée à une journée pour une terrasse de 15 à 20 m², dépose de l’ancien joint comprise.
Étape 1 : retirer l’ancien joint

C’est l’étape la plus ingrate mais la plus importante. Un nouveau joint ne tient que sur une saignée propre et suffisamment profonde. Creusez chaque joint abîmé sur 4 à 5 mm minimum avec le grattoir ou le multi-outil, sans rayer les bords des carreaux. Aspirez ensuite soigneusement la poussière : le moindre résidu empêche le nouveau mortier d’adhérer.
Étape 2 : préparer le support
Les joints doivent être sains, secs et dépoussiérés, mais légèrement humidifiés juste avant l’application pour éviter que le carrelage ne « pompe » l’eau du mortier trop vite. Travaillez de préférence par temps doux et sec, hors plein soleil et hors gel : un mortier qui sèche trop vite fissure, un mortier qui gèle ne prend pas. Profitez-en pour vérifier l’état général de la terrasse et des murs attenants ; si le bas de façade est touché, mieux vaut anticiper et réparer un crépi extérieur abîmé dans la foulée plutôt que de rouvrir un chantier plus tard.
Étape 3 : appliquer le nouveau joint
Préparez le mortier selon la notice, à la consistance d’une pâte souple mais pas liquide. Garnissez les joints en diagonale à la raclette caoutchouc, en croisant les passes pour bien remplir sans laisser de bulle. Travaillez par zones d’un ou deux m², le temps de pose étant court. Retirez l’excédent au fur et à mesure, toujours en diagonale pour ne pas creuser le joint frais.
Étape 4 : le nettoyage, à ne pas rater
Laissez le joint commencer à tirer (quelques dizaines de minutes selon la météo), puis passez l’éponge humide bien essorée en mouvements circulaires pour lisser et enlever le voile. Rincez l’éponge souvent. Le lendemain, un léger voile blanc peut subsister : un dernier passage à l’éponge ou un nettoyant adapté en vient à bout. Évitez de marcher sur la terrasse pendant 24 h et de l’exposer à la pluie pendant 48 h.
Les erreurs qui font tout recommencer
La plupart des joints qui relâchent au bout d’un an cumulent les mêmes fautes :
- Un joint d’intérieur utilisé dehors : non hydrofuge, il ne résiste pas au gel.
- Une saignée trop superficielle : le mortier neuf n’a pas d’accroche et se décolle.
- Travailler en plein soleil ou par temps de gel : séchage trop rapide ou prise impossible.
- Oublier le joint de dilatation en périphérie : sans lui, la terrasse n’a aucun jeu et fissure.
Bien menés, des joints de terrasse refaits dans les règles tiennent dix ans et plus. C’est l’un des entretiens extérieurs au meilleur rapport effort-durée de vie.

